A LA LUMIERE DE NOS JOURS

CLARISSE SABARD

2013 Après de longues années d’absence, Julia débarque dans sa famille paternelle, en plein coeur de la Touraine.

Fraîchement renvoyée du célèbre concours de pâtisserie pour lequel elle travaillait, dévastée par le récent décès de sa mère, la jeune femme est complètement perdue. Mais les dernières volontés de sa mère sont claires : Julia doit renouer avec son père, retrouver ses proches et partir en quête de son héritage.

Accueillie à bras ouverts par sa grand mère Suzette, qui rêve de la voir reprendre la pâtisserie familiale, la jeune femme se retrouve rapidement plongée au coeur de l’histoire des trois générations de femmes qui l’ont précédée.

Des faubourgs parisiens des années 1920 en passant par les heures les plus sombres de l’occupation, les secrets d’une famille mais aussi de tout un village éclatent l’un après l’autre. Et c’est peut-être à ce prix, une fois les blessures du passé guéries, que Julia pourra avancer dans la lumière.

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L’ARMEE DES OMBRES

JOSEPH KESSEL

C’est à Londres, en 1943, que Joseph KESSEL a écrit « l’armée des ombres » qui n’est pas seulement l’un de ses chefs-d’oeuvre mais le roman symbole de la résistance que l’auteur présente ainsi : « La France n’a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle n’a plus de Lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisée sont devenues devoirs envers la patrie.

Jamais la France n’a fait guerre plus haute et plus belle que celles des caves où s’impriment ses journaux libres, des terrains nocturnes et des criques secrètes où elle reçoit ses amis libres et d’où partent ses enfants libres, des cellules de tortures où malgré les tenailles, les épingles rougies au feu et les os broyés, des Français meurent en hommes libres.

Ils sont ouvriers, notaires, médecins, instituteurs, cafetiers, mères de famille, des gens comme vous et moi qui, un matin, entrent en résistance, -avec tous les risques que cela comporte-, parce qu’ils n’acceptent plus l’oppression, parce qu’ils rêvent de liberté, parce qu’il est de leur devoir de sauver la patrie de l’envahisseur. Ils sont cette armée des ombres que décrit si bien Joseph Kessel, une armée définie par des petits groupements qui s’organise, une armée que l’on ne voit pas mais qui agit, une armée soudée même si elle est dispersée au quatre coins du pays et au delà de la Manche.

Gerbier est le narrateur du roman, c’est le chef d’un des groupes de résistants, il parle si peu de lui, préfère mettre en lumière ses camarades de combat, à commencer par Legrain qui est emprisonné avec lui et qui n’a rien d’héroïque, il n’appartient pas à la résistance, se décrit communiste et pourtant il sera la pièce maîtresse pour faire évader Gerbier de prison.

Il y a Félix, papa d’un petit garçon qui ne sait pas que son père est un héros, il donne tout son temps à la résistance, en oublie sa famille, personne ne connaît son activité, même pas sa femme qui ne comprend pas pourquoi Félix n’est jamais là ! Il y a Claude Lemasque, le Bison, Jean-François, le grand-patron que l’on ne connaît que sous cette appellation, Il y a Mathilde, une mère de famille qui va accomplir un travail phénoménal, on ne peut qu’admirer sa force et sa détermination, rien ne la destinait à être active au sein de la résistance et pourtant, elle est l’une des chevilles ouvrières du bon fonctionnement de la cellule. Il y a tous les autres, ceux qui aident en abritant des fugitifs, en donnant du matériel, ils ne font pas officiellement partie du groupe mais ils répondent présent quand on a besoin d’eux. ils viennent tous d’horizons différents mais face à l’ennemi il n’y a plus de condition sociale, il y a une force commune avec un même objectif, peu importe le milieu dont on est issu.

Il faut savoir se fondre dans la masse, ne pas attirer l’attention, souvent changer de planque quand on se sait grillé, être sur ses gardes et veiller à ne pas se faire dénoncer. Il faut gérer les problèmes de transport, de diffusion de l’information, être présent pour les opérations de parachutages. Il faut des agents de liaison et des imprimeurs clandestins pour faire circuler les informations. Les conditions sont souvent extrêmes, dangereuses, chaque résistant sait qu’il risque sa vie, qu’il sera torturé s’il tombe entre les mains de la Gestapo.

Mais rien n’arrête ces héros courageux que Philippe Gerbier nous décrit si bien, ce sont ses camarades de combat, ses amis et quand l’un d’entre eux tombe, c’est tout le groupe qui perd un membre de sa famille, la famille de l’armée des ombres. C’est un très beau roman, on s’attache tout de suite aux personnages que l’on admire parce qu’ils sont courageux et qu’ils y vont, malgré la peur qui les tenaille parfois, malgré la vie qu’ils ont construite à côté, la famille, les amis. Ils abandonnent tout pour la résistance.

Heureusement qu’il y avait ces femmes et ces hommes prêts à prendre tous les risques, même celui de perdre la vie pour sauver la patrie, une tâche des plus difficiles où il fallait parfois improviser au dernier moment parce que rien ne se passait comme il se devait. Certains auront beaucoup de chance, d’autres tomberont au combat, fusillés ou torturés dans les prisons de France, dénoncés parfois par leur propres compatriotes.

Un superbe livre, une écriture fluide sans chichis, claire et concise, une magnifique plongée dans les réseaux de résistants, un hommage mérité aux héros de l’ombre. J’ai beaucoup aimé ce livre que je vous conseille. Un film a été adapté, je ne l’ai pas vu mais après la lecture du livre, j’ai très envie de le regarder.

Note : 4.5 sur 5.
  • EDITIONS : POCKET
  • ISBN : 9 782266 115001 – deuxième tirage mai 2008
  • 253 pages