AUTOPSIE D’UN DRAME

SARAH VAUGHAN

Jess, mère au foyer fait preuve d’une grande dévotion envers ses trois enfants qu’elle chérit et protège à tout prix. C’est du moins la façon dont Liz, son amie depuis dix ans, la perçoit.

Mais le doute s’installe lorsque Jess se rend aux urgences pédiatriques où travaille Liz. Dans ses bras, sa fille Betsy, âgée de dix mois, présente tous les signes d’un traumatisme crânien. Jess, d’ordinaire soucieuse du bien-être de sa famille, semble étrangement distante et peu concernée par la situation et ses explications ne collent pas avec la blessure de l’enfant.

Liz s’interroge sur les réelles motivations de son amie. Pourquoi a-t-elle attendu aussi longtemps avant de se rendre à l’hôpital ? S’agit-il vraiment d’un accident comme elle l’affirme ?

Jess semble tellement parfaite qu’il est difficile de rivaliser. Toujours tirée à quatre épingles, une maison où tout est ordonné et rutilant, jusque dans les placard à vêtements ! Elle gère parfaitement ses trois enfants, deux garçons et la petite dernière, Betsy qui n’a pas encore un an. Voilà l’image qu’elle donne à sa famille et ses amis et en particulier à Charlotte, Mel et Liz, qui sont bien souvent en admiration devant l’organisation sans faille de la jeune femme. Mais ne serait-ce qu’une vitrine ? de la poudre aux yeux qui cache la réalité ? parce que Jess ne va pas bien depuis l’arrivée de Betsy et n’a trouvé personne avec qui en parler. Son mari est trop occupé et n’a pas de temps pour l’épauler ni de se rendre compte de sa souffrance. Ses amies ont fait le choix de travailler malgré qu’elles soient mères, Jess est livrée à elle même !

Un soir, Jess se rend aux urgences avec Betsy qui ne cesse de pleurer et ne semble pas aller bien du tout. Elle est accueillie par son amie Liz qui est pédiatre et de service ce soir là. Après examen, il s’avère que la petite Betsy souffre d’une fracture du crâne. Liz tente d’avoir des explications plus claires afin de déterminer la cause du traumatisme mais Jess est fuyante, rien de ce qu’elle affirme ne tient la route, la petite se serait cognée en tombant, sauf que ça ne semble pas possible au vu de ses blessures.

Au fur et à mesure de la conversation, Liz s’aperçoit que Jess ne semble pas se rendre compte de la gravité de l’état de sa fille, elle tient parfois des propos incohérents, pire, elle semble absente et peu concernée. Liz doit appliquer le protocole, quand un enfant arrive avec des blessures, il y a suspicion de maltraitance, l’hôpital doit avertir la police et les services sociaux. Ce n’est pas de gaité de coeur que Liz se plie à cette règle, mais c’est la procédure et elle ne peut s’y soustraire.

Betsy se retrouve sous la garde des services sociaux et reste à l’hôpital parce que son cas s’aggrave, Jess n’a plus le droit de la voir seule, elle représente un danger pour les enfants, une assistante sociale est dépêchée à son domicile et sa soeur doit s’occuper de ses deux autres enfants, tant que l’enquête n’est pas terminée. Betsy en veut à Liz d’avoir prévenu la police, Liz culpabilise, l’amitié des deux femmes va-t-elle en souffrir ?

L’enquête est lancée, rien ne sera laissé au hasard, tout est passé au peigne fin, Sarah Vaughan nous embarque dans ce tourbillon infernal et nous tient en haleine. Betsy n’a pas eu sa fracture du crâne en tombant comme sa mère l’affirme, Jess a une attitude trop étrange qui dépasse l’entendement. La suspicion est omniprésente et le suspense aussi. La maltraitance est au centre de l’histoire mais en parallèle se dresse aussi le spectre des mamans débordées, du baby blues, de la dépression post partum.

L’auteure brouille parfaitement les pistes et on avance de surprises en rebondissements. On en apprend un peu plus sur Jess et son mari mais aussi sur le groupe d’amis qui s’est formé suite à leur rencontre aux cours d’accouchement sans douleur. Ils ont tous, leur lot de problèmes, certains plus que d’autres. Charlotte a une attitude douteuse et une vraie tête à claques ! Le roman est assez prenant, voire captivant, on tente d’élucider l’enquête, mais l’auteure nous met bien des bâtons dans les roues et la sortie du labyrinthe est encore loin.

La lecture est addictive, on veut savoir, on veut comprendre, on est tiraillé par la personnalité ambigüe de Jess, un peu énervé par le comportement de son mari et puis, il y a la petite Betsy, toute seule sur ce lit d’hôpital. L’histoire est bien ficelée, c’est du thriller psychologique comme je les aime, pas trop dur ni violent, c’est suggestif.

Ce que j’aime dans les thrillers ou enquêtes policières, c’est que nous, les lecteurs, menons notre propre enquête en parallèle, avec parfois plus ou moins de succès, c’est toujours plaisant d’avoir trouvé le coupable, parfois on est totalement à côté !! J’ai à peine été surprise par le dénouement, un indice qui passerait presque inaperçu a été mentionné à un moment du livre et je l’avais relevé, je m’étais dit qu’il fallait que je mette le personnage de côté au cas où….. Je me suis juste trompée sur la forme……

J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait passer un super moment. De l’auteure, j’avais déjà lu « la ferme du bout du monde », registre totalement différent de celui-ci que je préfère largement. Un livre parfait pour l’été.

Note : 3.5 sur 5.
  • EDITIONS : PRELUDES
  • ISBN : 9 782253 080794
  • Mars 2021 – 440 pages

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