LES FILLES DE LA VILLA AUX ETOFFES

ANNE JACOBS

AUGSBOURG, hiver 1916 Trois ans se sont écoulés depuis le jour où Marie a frappé pour la première fois à la porte des Melzer.

Seulement trois ans…. et pourtant tout a changé. Si la jeune femme est à présent l’épouse de Paul et la maîtresse des lieux, l’heure n’est plus à la fête dans la somptueuse demeure transformée en hôpital militaire. Les hommes ont rejoint le front, femmes et domestiques oeuvrent jour et nuit aux côtés des blessés et Marie se consacre à la gestion de l’usine familiale, dont elle découvre avec stupeur la situation critique.

Alors que s’éloigne un peu plus chaque jour l’espoir de voir Paul revenir rapidement de cette guerre terrible et que le destin de toute la famille repose sur ses seules épaules, Marie se sent vaciller.

Qu’est ce qui la retient alors d’accepter l’aide du séduisant Ernst von Klippstein qui n’a jamais dissimulé l’intérêt qu’il lui porte ?

J’avais beaucoup aimé le premier tome et c’est avec délice que je me suis plongée dans le second. Nous avions laissé la villa aux Etoffes aux portes de la première guerre mondiale, avec une Marie fraîchement mariée à Paul et qui, petit à petit, prenait possession des lieux en tant que maîtresse de maison.

Dans ce deuxième livre, Marie a trouvé ses marques, elle est respectée de tous et attend un heureux évènement. La naissance des jumeaux, -une fille et un garçon-, va apporter de la gaité dans la demeure familiale qui en a bien besoin, la guerre s’est installée avec son lot de souffrances et restrictions et le départ des hommes de la famille sur le front. Alfons Bräuer le mari de Kitty est déjà parti et le mari d’Elisabeth, le commandant Von Hagemann est quelque part à la frontière Belge.

Nous sommes en 1916, quelques heures après la naissance des jumeaux, Paul qui n’était pas encore parti reçoit sa lettre de mobilisation. Désormais, la villa est entre les mains des femmes de la maison, il ne reste que Johann Melzner, le patriarche, qui va reprendre la direction de l’usine puisque Paul est sur le départ. La maisonnée tente de survivre au froid et à la faim, la famille Melzner n’est pas trop mal lotie, même si elle subit, comme tout le monde, le rationnement et la tristesse d’avoir des enfants à la guerre. Kitty donne naissance à une petite fille. Elisabeth aimerait être maman mais elle se rend vite compte que Klaus Von Hagemann n’est pas celui qu’elle croyait. Marie veut s’investir dans l’usine, même si le père Melzner ne le voit pas d’un bon oeil, il doit quand même bien avouer que la jeune femme a de bonnes idées et que son aide est précieuse.

La villa vit au rythme des nouvelles du front qui arrivent au compte-gouttes et se transforme bientôt en hôpital pour accueillir les blessés de guerre. Les femmes se démènent pour faire tourner l’hôpital, c’est la contribution de la famille Melzner à l’effort de guerre. Elisabeth décide de s’installer à la villa parce qu’elle ne s’entend plus avec la famille de son mari, elle s’investit totalement dans le travail de l’hôpital avec la jeune soeur du mari de Kitty. L’usine a beaucoup de mal à tourner parce qu’il manque la matière première et certaines machines sont en panne, le père Melzner et Marie ne ménagent pas leurs efforts pour la maintenir à flot.

Une nouvelle fois je suis embarquée dans la villa aux étoffes avec les femmes qui prennent plus ou moins le pouvoir, que ce soit chez les maîtres comme chez les domestiques. Elles ont leur destin entre les mains, à elles de décider ce qu’elles veulent en faire. Puis il y a les mauvaises nouvelles qui arrivent et qui bouleversent les vies. On vit la guerre du côté Allemand mais une guerre est une guerre avec toute l’horreur qu’elle comporte et chaque côté souffre et pleure ses morts, quelle que soit la nationalité.

Les femmes se montrent courageuses et efficaces, les domestiques affirment leur caractère, les coups bas sont permis, tout le monde reste néanmoins attaché aux maîtres de la maison, même si des envies d’émancipation se peaufinent. Marie est époustouflante, parfois on a du mal à reconnaître la jeune fille qui faisait ses premiers pas dans la maison. Elle a toujours cette force qui la caractérise, elle ne lâche rien même si elle est fébrile parce que Paul ne donne pas de nouvelles et qu’elle ne sait pas si il est encore en vie. Kitty et Elisabeth auront des décisions à prendre.

Il y a beaucoup de rebondissements dans ce second volet, qui me tient toujours autant en haleine, l’auteure sait ménager le suspense et offrir un panel d’émotions, elle met surtout les femmes à l’honneur et force est de constater, que malgré l’absence de leurs conjoints respectifs, les femmes de la villa aux étoffes maintiennent le navire, même si celui-ci tangue parfois.

J’ai passé un super bon moment avec ce tome 2 et j’ai hâte de lire le dernier que j’ai déjà dans ma PAL.

Note : 4.5 sur 5.
  • EDITIONS CHARLESTON
  • ISBN : 978 2 36812 554 0
  • Novembre 2020 – 630 pages

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