LES LENDEMAINS

Mélissa DA COSTA

Réfugiée dans une maison isolée en Auvergne pour y vivre pleinement son chagrin, Amande ne pensait pas que l’on pouvait avoir si mal . Les jours se suivent et dehors le soleil brille, mais, recluse, elle refuse de le voir.

Lorsqu’elle tombe par hasard sur de vieux calendriers horticoles, elle décide pourtant, guidée par les annotations de l’ancienne propriétaire des lieux, d’essayer de redonner vie au jardin abandonné.

Dans ce contact avec la terre, elle va puiser au fil des saisons la force de renaître et de s’ouvrir à des rencontres uniques. Jusqu’à ce que chaque lendemain redevienne, enfin, une promesse d’avenir.

Premier livre de l’auteure que je lis et un énorme coup de coeur !

Amande vient de perdre son mari Benjamin dans un accident de la route, elle a également perdu le bébé qu’elle attendait suite au choc du décès, enfermée dans sa douleur elle fuit l’appartement Lyonnais et s’installe dans une petite maison de campagne dont la propriétaire est décédée et où il n’y a personne aux alentours, elle a besoin de cette solitude pour vivre son chagrin, elle fuit les contacts, elle vivote en dehors du monde, si elle pouvait rejoindre Benjamin elle le ferait !

Les premiers jours elle ne les voit pas passer, elle dort, ne s’alimente pas, n’ouvre pas ses volets, ses beaux parents lui laissent des messages, son téléphone n’est même plus chargé, Amande part à la dérive.

Un matin, Julie, la fille de Madame Hugues, -propriétaire de la maison qui est décédée-, fait une irruption imprévue dans la maison afin de récupérer les affaires de sa mère, ce sont les premiers pas d’une amitié entre les deux jeunes femmes, cette rencontre marque aussi le début de la reconstruction d’Amande, même si les débuts sont frémissants, à peine perceptibles, la renaissance est en route, le chemin sera long, très long, la jeune femme est tellement abîmée qu’on retient notre souffle.

Dans les affaires de Madame Hugues, Amande trouve des calendriers avec des annotations concernant les plantations mais aussi des recettes de cuisine, elle décide de redonner vie au jardin, même si elle n’y connait rien, elle va suivre les instructions de Madame Hugues à la lettre, les calendriers seront désormais la bible d’Amande qui va vivre au plus près de la nature.

Le jardin renaît et Amande avec, elle désherbe, plante, et commence à vivre au rythme des saisons et de ce jardin qui est devenu, pour elle, le centre de sa vie. Elle accepte de partager la maison avec un chat -alors qu’elle en avait très peur- consolide son amitié avec Julie et n’a plus peur de parler à nouveau avec ses beaux-parents. Elle reprend même contact avec Mika, un jeune de la MJC que Benjamin appréciait particulièrement. Amande se reconstruit une petite famille qui fera désormais partie de sa vie. Benjamin n’est jamais loin, chaque jour elle lui parle sous un grand pin qui est désormais leur arbre rien qu’à eux deux.

L’auteure nous livre une merveilleuse histoire triste et douce à la fois, c’est une ode à la nature, une vie au rythme des saisons, une renaissance grâce à la terre, au ciel, au soleil, à la pluie et Amande ne se lasse pas chaque jour de saluer les éléments et de fêter des dates importantes par de merveilleux symboles tels que le banquet de la pleine lune ou encore fêter le printemps en fabriquant des petits radeaux qu’elle mettra à l’eau. Elle fabrique des bijoux avec des fleurs, elle vit en totale harmonie avec la nature, c’est grâce à ce jardin qu’elle a enfin retrouvé le goût d’avancer et de continuer.

Ce livre est une pépite, Mélissa Da Costa nous livre ses mots et les maux de son héroïne comme un petit ruisseau qui serpenterait doucement entre les pierres, retenant parfois son souffle pour mieux repartir ensuite. On est plongé en pleine nature, dans ce jardin magique qui a le don de guérir et qui redonne le sourire. Ce livre c’est comme un poème, j’ai adoré les émotions qu’il procure, cette lecture qu’on ne peut lâcher. Tout est si beau et si doux, malgré la douleur, la séparation, le deuil….. C’est une histoire qui fait du bien, même si elle est triste et qu’on y laisse quelques larmes..

Anne et toi vous avez l’église et votre espoir d’un paradis pas vrai ? Moi j’ai ça : la terre, les arbres, les plantes qui naissent et qui meurent et qui renaissent encore, j’ai le vent qui chante et fait danser les couleurs dans les branches. Je célèbre la vie sous toutes ses formes et je crois que Ben est niché dans le tronc d’un pin. Ca n’a aucun sens et ça en a beaucoup en même temps. Tout ce que je sais c’est que bon dieu ça me fait du bien !

Merci Mélissa Da Costa pour ce livre qui est mon gros coup de coeur du mois de mars et que je recommande vivement.

Note : 5 sur 5.
  • Editions : le livre de poche janvier 2021 (ALBIN MICHEL-2020)
  • ISBN : 9 782253 079903
  • 379 pages

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s