SOUS LE MEME TOIT

JOJO MOYES

Lorsque son mari meurt prématurément, laissant derrière lui une montagne de dettes, Isabel doit radicalement changer de train de vie. Elle n’a d’autre choix que de quitter Londres pour s’installer à la campagne avec ses deux enfants, dans une maison de famille délabrée dont elle hérite de façon inattendue.

Elle espère pouvoir compter sur le soutien de ses voisins mais sa présence au village ne fait pas l’unanimité, et la maison qu’elle occupe attire bien des convoitises.

Se reconstruire ici sera plus difficile que prévu, mais Isabel n’est pas du genre à renoncer….

Je retrouve la plume de Jojo MOYES avec grand plaisir, ayant apprécié les autres livres que j’ai lus de cette auteure. Encore une fois le charme opère et je rentre bien vite dans l’histoire qui est avant tout celle d’une maison, « la maison Espagnole »

Isabel est veuve depuis peu, elle habitait une belle maison à Londres avec Laurent son mari, ses deux enfants Kitty et Thierry, épaulée par Mary la nounou. Quand le notaire se présente à son domicile c’est pour lui apprendre que la situation financière est catastrophique, Laurent a fait des placements hasardeux et les finances n’étaient pas aussi solides qu’elles laissaient à penser. Isabel n’a pas d’autre choix que de vendre la maison et quitter Londres, si elle veut s’en sortir.

Le hasard veut qu’elle hérite d’une maison d’un vieil oncle située en pleine campagne. Personne n’a envie de s’éloigner de Londres, Isabel est violoniste et ne pourra plus faire de concerts, les enfants laissent leur école, leurs amis et Mary, qui est comme une mère pour eux. La maison est décevante, elle n’a rien d’Espagnol comme son nom l’indique, elle est délabrée et requiert une quantité de travaux si on veut y vivre décemment, le seul point positif c’est l’immense terrain qui l’entoure, la forêt, le lac et le calme mais cela suffit-il à faire oublier tout ce qui est perdu !

Isabel doit tout affronter, la tristesse de la perte de son mari, les enfants qui veulent rentrer à Londres, les travaux qu’il va falloir réaliser, ses marques à trouver dans cette campagne qui semble si hostile, les finances (dont elle ne s’est jamais occupée) et la maison, cette maison qui ne la fait pas du tout rêver et qui est pourtant très convoitée par son voisin, un entrepreneur qui va lui proposer son aide avec un but bien précis -mais bien sûr caché-, la faire quitter les lieux afin de pouvoir s’y installer.

Matt et Laura McCarthy sont les voisins qui convoitent la maison. Ils ont toujours vécu là et aiment cet endroit, Laura s’est beaucoup occupée du vieux Pottiswork, propriétaire de la maison Espagnole avant qu’il ne décède, avec Matt ils ont toujours pensé qu’ils pourraient acheter cette maison et la rénover à leur goût et avec de grands moyens financiers, afin d’en faire une bâtisse magnifique. Cette maison ils la connaissent par coeur, Matt y a pratiquement grandi et il a promis à sa femme qu’elle serait à eux quand le vieux partirait, Ils ne pensaient pas qu’il restait un héritier. L’arrivée d’Isabel est une terrible désillusion, tous leurs espoirs sont anéantis et ça ils ne peuvent l’accepter.

Isabel fait totalement confiance à Matt, c’est une aubaine pour elle d’avoir un voisin entrepreneur et elle l’engage pour faire les travaux. Matt entame un énorme chantier qui coûte cher, il propose les aménagements qu’il avait prévus pour sa femme et lui au cas où ils habiteraient la maison et Isabel, heureuse de pouvoir compter sur quelqu’un prêt à l’aider, ne voit pas du tout la trahison qui se trame autour de la maison. Les membres du village sont plus ou moins au courant mais personne ne dit mot.

On entre alors dans un espèce de huis clos malsain ou Matt pousse Isabel à dilapider toutes ses finances pour rénover la maison. Il rajoute tout le temps des travaux, démolit ce qui a été fait, entreprend des rénovations qui ne sont pas nécessaires, il fait tout pour que la veuve finisse par craquer et, à court d’économies, décide de rentrer à Londres.

Isabel ne voit rien, elle cherche des solutions, continue d’engloutir le peu d’argent qu’il lui reste. Matt est un charmeur, il tisse sa toile, il sympathise avec Isabelle, elle n’a pas besoin de le payer tout de suite, ils s’arrangeront, mais Matt devient petit à petit incontrôlable, vampirisé par la maison, il en fait toujours plus et finit même par tomber amoureux d’Isabel, un amour qui n’est pas partagé. La maison et son héritière deviennent alors une obsession qui ne quitte plus Matt un seul instant, le rendant fou et dangereux.

On pénètre dans une sorte de thriller psychologique où la maison devient diabolique et oppressante. C’est une lente descente aux enfers pour Isabel qui ne se doute toujours de rien. Tout le monde dans le village a une idée sur les intentions de Matt mais personne n’ose en parler ni l’affronter, on se demande comment tout cela va se terminer et qui va enfin avoir le courage d’ouvrir les yeux de la veuve.

Il se pourrait bien qu’elle ait un allié qui va lui faire comprendre, doucement mais sûrement les intentions malhonnêtes de ses voisins mais n’est-il pas déjà trop tard ? Isabel va, par ailleurs, devoir affronter d’autres vérités qui concernent son défunt mari. Elle ne va pas être épargnée par des révélations bouleversantes, par la maison qui chaque jour la dévore un peu plus, elle va souffrir de l’incompréhension des enfants, mais aussi en tirer une force pour affronter l’avenir, se remettre totalement en question et peut-être commencer à se reconstruire.

C’est un roman très prenant, on passe par plein d’émotions contradictoires, on a envie de secouer Isabel, on a envie de la protéger, parfois on la déteste et l’instant d’après on admire sa détermination. On a beaucoup d’affection pour Thierry le cadet qui souffre du décès de son père et qui est détenteur d’un secret bien trop lourd à porter pour un si jeune enfant. Il se réfugie dans le silence, seul Byron, l’employé de Matt sait le faire sourire, d’ailleurs le jeune garçon s’attache très vite à lui.

Kitty n’est qu’une adolescente et pense déjà comme une adulte, elle est vivre et aide beaucoup sa mère à laquelle elle s’oppose très souvent. Byron fait figure de mauvais bougre mais on aime ses connaissances sur la nature et son humilité, c’est un homme qui possède bien des qualités et qui demande à être connu. On déteste tout de suite Matt, sa suffisance et ses écarts de conduite. On a guère plus d’affection pour Laura son épouse qui quelque part est une victime. Et que dire de cette maison tentaculaire qu’on aime détester. Elle est belle et moche à la fois, elle attire et repousse, elle est toute en contradiction, capable du meilleur comme du pire et tellement convoitée.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui s’est révélée bien addictive. J’ai encore quelques livres de l’auteure dans ma PAL et j’ai hâte de les découvrir.

Note : 4.5 sur 5.
  • Editions : MILADY
  • ISBN : 9782811218911
  • 17 février 2017 – 576 pages

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