REINE DE BEAUTE

AMY K.GREEN

La communauté de Wrenton, dans le Maine, est sous le choc : le corps de Jenny Kennedy, reine de beauté de treize ans, vient d’être retrouvé à l’orée des bois, dans une chemise de nuit rose, un bouquet de fleurs à la main.

Le coupable ? tous désignent un garçon simplet, fervent amateur de concours de miss. Seule Virginia, la demi-soeur de la victime, n’est pas de cet avis. Si elle détestait sa cadette presque autant qu’elle déteste la famille parfaite recomposée par son père, elle n’en connaissait pas moins les secrets troubles de la belle adolescente. Des secrets qui les unissaient malgré elles.

Pourquoi remuer le passé quand tout le monde semble s’accorder sur un coupable. Mais Virginia veut savoir. A tout prix. Quitte à révéler le vice sous la blancheur des façades à bardeaux blancs de ce village paisible.Quitte à pénétrer sur le terrain de chasse du plus terrible des prédateurs…

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune dont nous allons débriefer la semaine prochaine. Adepte du feel-good et des comédies romantiques, je commence à apprécier le thriller psychologique et ce premier livre d’Amy K.Green m’a fait passer un très bon moment.

C’est l’histoire d’une famille du Maine comme il faut, mais en apparence seulement, parce que quand on regarde derrière les volets de la villa de Wrenton on se rend vite compte que tout est tordu dans cette maison.

Prenez Calvin, le père, totalement démissionnaire de sa fonction de chef de famille et de père, il bosse à New-York et ne rentre que le week-end, c’est pratique pour ne rien voir et ne rien entendre, il cache quelque chose c’est certain, mais quoi ? Sa première femme est décédée, il s’est remarié avec Linda, une névrosée, qui noie ses soucis dans l’alcool et qui ne vit que pour les concours de beauté qu’elle impose à Jenny, sa fille de 13 ans. Elle est très à cheval sur le paraître, toujours impeccable, bien coiffée, bien habillée, mais ça ce n’est que la façade.

Jenny en a ras le bol de ces concours qui ne riment plus à rien, elle a des envies d’ailleurs, se tirer de cette petite ville de Wrenton par exemple et fuir cette famille toxique. Jenny a une demi soeur, Virginia, née de la première union de Calvin, entre elles ce n’est pas l’amour fou, c’est même tout le contraire, elle a été élevée aux phrases telles que « ne sois pas comme Virginia, ne fais pas comme Virginia, tu ne seras pas oisive comme ta soeur », on lui a tout de suite fait comprendre que cette demi-soeur n’était ni comme il faut, ni fréquentable. Il n’y a pas de solidarité entre elles, pas de moments de complicité, plutôt une sorte d’indifférence, confortée par ce que leur a inculqué leurs parents.

Virginia vit un peu plus loin, dans un studio, elle végète, ne sait pas ce qu’elle veut, se traîne des blessures d’enfance, et se saoule tous les samedis soirs. Elle est invitée chez ses parents pour le déjeuner dominical et assiste au pitoyable tableau de famille, un père qui l’a totalement délaissée depuis le décès de sa mère, une belle mère qui ne l’aime pas, une demi-soeur qu’elle jalouse parce qu’elle est constamment mise sur un piédestal.

Le livre débute avec l’enterrement de Jenny et l’auteure déroule ensuite l’histoire en alternant le passé et le présent vu par Jenny et ensuite Virginia. On recherche le coupable qui a violé et tué Jenny et si il semble tout trouvé, Virginia n’adhère pas du tout à cette idée, c’est elle qui va forcer la main à la police pour relancer l’enquête, elle va même y apporter une aide précieuse, ce qui semble surprenant vu le peu de capacités que semble avoir la jeune femme.

On découvre les côtés sombres de la famille d’abord, mais aussi les fréquentations de Jenny, de Virginia qui va être obligée d’affronter un passé qu’elle s’efforce d’oublier. C’est noir, anxiogène, Linda Kennedy est flippante, la nonchalance et le manque d’ambition de Virginia font bondir, l’incompétence de l’inspecteur en charge de l’enquête est inquiétante, voire révoltante, l’absence d’implication du père des filles me met en colère et que dire des professeurs du lycée de Jenny qui sont tout, sauf équilibrés.

On est tout de suite mal à l’aise dans cet espèce de huis clos qu’est la ville de Wrenton, tous les protagonistes semblent suspects et ont quelque chose à cacher. On a parfois du mal à reprendre notre souffle, ce qui est certain c’est qu’on a du mal à lâcher l’histoire qui sans cesse rebondit et nous mène sur d’autres pistes.

Emprise familiale, pédophilie, alcool, adolescence égratignée, sexe non consenti, secrets inavouables ; voilà ce qu’il se passe dans cette petite ville américaine qui semble si bien sous tous rapports mais derrière les fenêtres c’est parfois monstrueux.

La vérité n’est dévoilée que dans les dernières pages, le suspense est garanti et l’auteure a vraiment brouillé les pistes à merveille jusqu’au dénouement final, je ne m’attendais pas à une telle fin !! 4 étoiles pour ce livre que j’ai bien apprécié.

Note : 4 sur 5.
  • EDITIONS : BELFOND NOIR
  • ISBN 9 782714 482051
  • Mai 2020 – 410 pages

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s