LE TATOUEUR D’AUSCHWITZ

HEATHER MORRIS

Sous un ciel de plomb, des prisonniers défilent à l’entrée du camp d’Auschwitz. Bientôt, ils ne seront plus que des numéros tatoués sur le bras. C’est Lale, un déporté qui est chargé de cette sinistre tâche. Il travaille le regard rivé au sol pour éviter de voir la douleur dans les yeux de ceux qu’il marque à jamais.

Un jour pourtant, il lève les yeux sur Gita et la jeune femme devient sa lumière dans ce monde d’une noirceur infinie. Ils savent d’emblée qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Dans cette prison où l’on se bat pour un morceau de pain et pour sauver sa vie, il n’y a pas de place pour l’amour. Ils doivent se contenter de minuscules moments de joie, qui leur font oublier le cauchemar du quotidien.

Mais Lale fait une promesse à Gita : un jour ils seront libres et heureux de vivre ensemble.

J’ai d’abord été déroutée quand j’ai découvert ce livre, une histoire d’amour dans l’enfer des camps de la mort ça me semblait impossible, romancer l’horreur de cette période noire de l’histoire m’apparaissait malsain. Puis j’ai découvert les diverses critiques sur Instagram, j’ai eu envie de lire ce livre et de l’aborder autrement ; Ecouter ce que Lale, un survivant, voulait nous transmettre par la plume d’Heather Morris, journaliste à laquelle il s’est confié.

Lale est Slovaque, il a 24 ans quand il est déporté à Auschwitz. Il assimile bien vite les codes de survie dans cet enfer inimaginable. C’est un garçon intelligent et rusé, des qualités qui vont l’aider à supporter le quotidien très dur du camp et le garder en vie. Il est affecté au tatouage, marquer ses pairs avec un numéro, transpercer la chair et les faire souffrir sans raison, c’est un travail qu’il va effectuer sans jamais s’y habituer, en culpabilisant à chaque personne qu’il marquera à vie, il ne regarde jamais la personne qu’il tatoue, il se contente de fixer le numéro inscrit sur l’avant bras et tente de ne pas entendre les cris de douleur.

Un jour pourtant, comme si le destin lui en avait soufflé l’ordre, son regard croise celui de Gita qu’il est en train de tatouer et son coeur s’emballe, il vient de trouver son âme soeur, son destin, celle qui va l’aider à tenir et lui faire oublier que la vie dans ce camp est un enfer, celle qui va lui donner l’envie de se battre et de faire des projets d’avenir alors que la mort rode à chaque heure.

On assiste à la naissance d’une belle histoire d’amour et on ne veut retenir que cela. Lale a promis un avenir à Gita, quand ils sortiront du camp, ils se marieront et auront des enfants. L’auteure arrive presque à nous faire oublier que pour beaucoup il n’y aura pas d’avenir, que la vie s’arrêtera là, dans les chambres à gaz, dans la souffrance et l’inhumanité, parce que c’est bien ça que l’on retient d’Auschwitz, des familles décimées, des corps gazés et enterrés dans des charniers. L’horreur et le malheur, alors forcément quand on vient nous raconter que dans toute cette noirceur on peut entrevoir un peu de bonheur c’est difficile à concevoir.

Mais je suis bonne élève et je me laisse embarquer, je fais fi de tout ce qui se passe autour et je m’accroche à cet espoir d’avenir, Lale se démène, prend tous les risques, ne baisse jamais les bras, joue avec le feu et marche constamment au bord de l’abîme. Il protège Gita et ses amies mais n’oublie pas non plus ses compagnons de Block. On ne peut pas oublier l’horreur du camp mais on finit par se focaliser sur le bonheur du couple, -même si le mot bonheur est un euphémisme- dans cet enfer. On parle d’espoir, de ciel bleu, de rayons de soleil, ça apporte un peu d’oxygène, de couleur, pourtant je ne peux oublier qu’à côté, la cheminée renvoie les cendres des corps jetés dans les fours crématoires.

Finalement je passe un peu à côté de cette lecture, totalement par ma faute, parce que je reste dans le noir alors que j’aurai pu y voir de la couleur et que j’ai relégué au second plan ce que l’auteure veut nous transmettre à savoir l’espoir, l’amour, la solidarité, l’entraide. Cet amour est merveilleux et inattendu, un peu comme une fleur qui pousserait sur un champ de ruines, entre de vieilles pierres, dans un terrain aride. Il y a plein d’émotions, on tremble pour la vie de Gita et Lale, on est ému lorsqu’ils arrivent à se retrouver et cet amour est si fort et si profond qu’il nous bouleverse. On attend la libération du camp, on les imagine partir main dans la main vers leur avenir. Je suis restée sur le quai !!

Malgré mes hésitations je vous conseillerai néanmoins de lire ce livre et de n’en voir que le côté positif, le bonheur et l’espoir, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit et c’est ce que Lale aimerait que l’on retienne certainement, il ne voulait pas faire un livre d’histoire, il voulait simplement nous parler de sa merveilleuse rencontre avec Gita et nous faire comprendre que c’est cet amour qui les a sauvés de l’enfer.

Note : 3.5 sur 5.
  • EDITIONS : J’AI LU
  • ISBN : 9 782290 233795
  • Avril 2020 – 314 pages

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