COMME SI TOUT RECOMMENCAIT

LEA WIAZEMSKY

Pour ses 40 ans, Barbara n’a qu’un souhait : que son compagnon lui « offre » cet enfant qu’elle désire plus que tout. Mais à quelques semaines de son anniversaire, il la quitte pour une autre.

Désespérée, la parisienne plaque tout direction Antibes. Convaincue de ne plus pouvoir connaître ni l’amour, ni les joies de la maternité, elle y devient directrice d’une résidence pour personnes âgées. Mais, contre toute attente, au contact de ses nouveaux pensionnaires, elle découvre une lumière et une force de vie insoupçonnées.

Première fois avec cette auteure dont j’ai beaucoup apprécié la plume. J’avais déjà lu le même style de livre avec Virginie Grimaldi « Tu comprendras quand tu seras plus grande » et j’avais un peu peur qu’il y ait des similitudes mais, si la thématique est presque identique, il n’y a rien de comparable entre ces deux romans, chaque auteure ayant sa plume particulière.

L’héroïne c’est Barbara, elle vient d’être embauchée dans une grosse agence de pub et fait la connaissance de Victor, ingénieur du son. Victor, tout le monde le veut, professionnellement parlant il est au sommet, dans la vie de tous les jours, il est convoité par la gent féminine mais c’est sur Barbara qu’il va jeter son dévolu. La jeune femme est persuadée qu’elle vient de trouver le bonheur mais elle va bien vite déchanter.

J’ai tout de suite détesté Victor, j’ai bien vite été agacée par le comportement de Barbara qui se laisse manipuler par un homme qui ne sait pas l’aimer. Plus on avançait dans le récit, plus je bouillais et j’attendais avec impatience un changement de situation. Oui je sais, j’aurais du avoir un peu plus de compassion pour Barbara qui est une victime, je rêvais qu’elle se rebiffe, qu’elle envoie Victor au diable mais il me semble que pour elle c’était trop compliqué, aveuglée par l’amour et les promesses jamais tenues de cet ignoble compagnon.

Pour Victor rien n’est compliqué, quelques semaines avant l’anniversaire de Barbara il la jette, sans culpabiliser, comme si tout était normal, il est amoureux d’une autre. J’ai envie de dire enfin !!! Evidemment pour Barbara c’est la catastrophe, elle touche le fond. Epaulée par Julie, sa meilleure amie, elle quitte son travail et Paris, direction Antibes où Julie lui a trouvé un poste de directrice dans une résidence pour personnes âgées. Elle ne le sait pas encore mais cet endroit va être, pour elle, une vraie renaissance.

Je crois que c’est la partie du livre que j’affectionne le plus. On fait la connaissance des pensionnaires de cette résidence qui ont un sacré vécu derrière eux. Ils ont néanmoins toujours la joie de vivre et certains font encore des projets d’avenir malgré leur âge avancé.

Bernadette est veuve depuis peu, elle attend chaque jour de rejoindre son mari Raymond, ils ont vécu heureux ensemble, elle se raccroche à ses souvenirs. Il faut croire que ce n’est pas encore l’heure, elle va devoir continuer à avancer sans lui. Alain est un peu caractériel, pas vraiment le mauvais type mais il râle tout le temps, il envoie balader tout le monde, n’aime personne, il n’y a que Théo son petit fils qui le met de bonne humeur, mais Théo qui travaille aussi dans la résidence, est en vacances, depuis trop longtemps d’ailleurs, ça risque de ne pas plaire à la nouvelle directrice. Il y a Claire qui vient d’arriver, une jolie femme très classe qui n’a pas eu la vie qu’elle espérait. Claire c’est la douceur incarnée, on a envie de la protéger.

Barbara va aborder ce nouveau poste sur la pointe des pieds, apprendre à connaitre tout ce petit monde autour duquel, désormais, une bonne partie de sa vie va graviter. Si au début elle est réticente et pense que cet endroit n’est pas pour elle, elle va bien vite découvrir la richesse que lui apporte le contact des anciens. Elle va se plonger dans leurs histoires et peu à peu raconter la sienne. Elle va y puiser une force nouvelle qui va lui permettre de tourner la page de cette ancienne vie et d’en reconstruire une nouvelle. Elle va aussi se faire un ami important en dehors de la résidence, un homme qui lui sauve la vie, une nuit où tout aurait pu basculer, parce que le chagrin est toujours là et que la pente est très difficile à remonter.

Léa Wiazemsky nous embarque dans la vie des résidents et c’est un vrai bonheur de les découvrir et, en quelque sorte de participer à leur histoire. L’écriture est fluide, on se laisse bercer par des mots doux qui enveloppent, comme si on était tout à coup, bien à l’abri dans un cocon. L’auteure n’en fait jamais de trop, elle est juste. C’est un réel plaisir d’en découvrir un peu plus sur Bernadette, Claire, et Alain. On s’attache très vite à ces personnages et à leur chemin de vie.

Il y a beaucoup d’émotions. C’est un roman qui transmet du bonheur, c’est une ode à la vie, on rit et on est triste aussi. C’est un roman qui porte l’espoir. C’est un roman qui nous montre à quel point les liens entre les différentes générations est riche et important. C’est un hymne pour nos aînés qui ont beaucoup à nous apprendre. J’ai vraiment aimé.

Note : 4.5 sur 5.
  • Editions : MICHEL LAFON
  • ISBN : 9 782749 933986
  • Mai 2019 – 318 pages

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