LE GARDIEN DE NOS FRERES

ARIANE BOIS

Entre 1939 et 1967, de Paris à Toulouse et de New-York à Tel-Aviv, l’extraordinaire destin de deux êtres fracassés par la guerre.

Rien ne prédestinait Simon et Léna à se rencontrer. Lui appartient à la bourgeoisie juive parisienne, patriote, laïque et assimilé ; il a été maquisard et blessé au combat. Elle est issue d’un milieu de petits commerçants polonais et a réussi à survivre au ghetto de Varsovie,

En 1945, la guerre leur a tout pris. Chacun de leur côté, ils vont accepter une mission très particulière : rechercher des enfants juifs cachés par leurs parents dans des familles, des orphelinats ou des couvents, quand il s’avère que ceux-ci ne rentreront pas des camps.

C’est l’histoire de deux jeunes révoltés qui, dans une France exsangue, vons se reconstruire grâce à la force de l’amour.

Je referme ce livre totalement bouleversée, les sentiments s’entremêlent, des contraires qui semblent néanmoins complémentaires, le malheur et la joie, le désespoir et l’espoir, la mort et la vie, le passé et l’avenir, quel merveilleux livre, quelle belle leçon d’humanité ; sur fond d’histoire, Ariane Bois narre, avec une superbe plume, une histoire d’amour si forte et touchante qu’on ne ressort pas indemne de ce roman.

Simon est juif, il s’est engagé dans la résistance, comme sa soeur Madeleine et son frère aîné Lucien, Elie, le dernier de la fratrie est encore trop jeune, il se cache à Toulouse avec sa mère. Simon est gravement blessé lors d’un acte de sabotage, pour lui la résistance c’est terminé, il part à la recherche de son petit frère et de ses parents, pour apprendre bien vite que ses parents sont morts en déportation, Madeleine et Lucien sont décédés en mission. Aucune nouvelle d’Elie nulle part, mais Simon ne désespère pas de le retrouver. La guerre terminée il rejoint ses camarades de combat et ensemble ils forment le groupe des dépisteurs, leur mission, retrouver les enfants juifs qui ont été confiés à des familles ou des institutions durant la guerre, la plupart sont orphelins mais ont parfois encore de la famille, une tante, une cousine, un grand-frère qui pourrait les recueillir.

La mission s’avère des plus délicates mais Simon va s’y plonger avec force, courage et persévérance, surtout qu’Elie fait partie des enfants qu’il faut retrouver. Il fait équipe avec Léna, juive polonaise, rescapée du ghetto de Varsovie. Tout sépare les jeunes gens, ils ne viennent pas du même milieu social, Léna est pratiquante, Simon est laïque et ne croît plus à grand chose, Léna est sioniste et rêve de prendre un bateau pour partir en terre promise, Simon rêve des Etats-Unis. La collaboration est tendue et fait parfois des étincelles, Simon a du mal à cerner cette jeune femme qui l’intrigue, on est loin d’imaginer qu’ une belle histoire d’amour va naître de cette rencontre.

Ensemble ils vont plonger dans ce travail de recherche, ne vont jamais baisser les bras, s’acharner encore et encore à pister les enfants dont certains ont vécu dans des conditions horribles et inhumaines.

En parallèle, ils vont, tout doucement, tenter de se reconstruire, -vu le passé terrible et la perte de leurs familles, l’édifice est fragile et menace de s’effondrer à chaque instant-, peut-on s’aimer alors que tout est chaos autour de nous ? Peut-on envisager un avenir alors que les proches ne sont plus, peut-on s’accorder un peu de bonheur alors que tout n’est que malheur, l’espoir peut-il chasser le désespoir qui torture à chaque instant….

Ariane Bois raconte tout cela dans ce merveilleux roman, elle ne laisse rien au hasard, ne néglige personne, elle nous embarque là avec Léna et Simon, et l’horreur de cette guerre qui leur a tout pris. Le courage, la persévérance et l’amour font le reste. Elle dévoile un pan de l’histoire méconnu, les enfants qui ont été placés et parfois convertis de force, les familles qui ne voulaient pas les rendre, le déchirement de certains et l’église catholique qui semble-t-il, n’a pas toujours été réglo.

Beaucoup d’émotion, c’est doux et fort à la fois, on ne peut qu’admirer la résilience et la force de Léna et Simon, ce courage de continuer et d’aller de l’avant en portant, imprimé dans leur chair, un passé douloureux qui ne s’effacera jamais. J’ai adoré ce livre que je referme à regret et que je recommande chaleureusement. Merci à l’auteure pour ce magnifique roman.

Il voudrait le croire mais son coeur est empli de douleur et d’impuissance. Tués parce qu’ils étaient juifs . Son père s’est trompé, il croyait qu’être français les protégerait du désastre, qu’avoir tant donné à leur pays depuis plusieurs générations ferait d’eux des citoyens comme les autres. La destruction de sa famille se double de celle d’un mythe sur lequel les Mandel avaient bâti leur prospérité et leurs idéaux, celui d’appartenir pleinement à la communauté nationale

Note : 5 sur 5.
  • EDITIONS CHARLESTON
  • ANNEE 2018
  • ISBN 978-2-36812-308-9
  • 356 pages

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