LES OUBLIES DU DIMANCHE

VALERIE PERRIN

Faute de connaître son histoire, Justine 21 ans, se passionne pour celle d’Hélène, pensionnaire, presque centenaire, de la maison de retraite où la jeune femme est aide soignante.

Sa vie est un roman : sa rencontre avec Lucien en 1933, leur amour, la guerre, le juif Simon planqué dans la cave, la trahison, la Gestapo, la déportation….

Justine extorque peu à peu à la vieille dame de lourds secrets et finit par affronter ceux de sa propre famille. 

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Justine est orpheline, ses deux parents sont décédés tragiquement dans un accident de la route quand elle était petite,  ils étaient accompagnés des parents de Jules son cousin, dont le père est le jumeau de celui de Justine. Les deux enfants adultes maintenant, ont été élevés par Eugénie et Armand, leurs grands-parents paternels. 

Ils vivent dans un village où il ne se passe pas grand chose, une routine implacable, une vie terne sans couleur, une famille qui cache un lourd secret. Justine et Jules en ont posé des questions durant leur enfance, sur l’accident de leurs parents, comment étaient-ils, s’entendaient t’ils bien ? mais les grand-parents esquivent les réponses, passent à autre chose, tentent d’oublier l’inexplicable, même si ils n’oublient pas, un terrible poids à porter.

Jules fait des études que Justine finance en secret, elle travaille comme aide-soignante dans une maison de retraite. Elle aime son job, le contact avec les anciens. Elle s’est prise d’affection pour Hélène la rêveuse, celle qui vit sur une plage à longueur d’année avec sa mouette et Lucien, l’amour de sa vie. 

Hélène confie ses souvenirs à Justine qui les pose dans un cahier bleu. Lucien, la guerre, Simon qu’elle cache dans sa cave parce qu’il est juif, la dénonciation, la rafle, l’emprisonnement de Lucien, la longue attente et cet amour si beau, si pur, si évident. 

Valérie Perrin nous embarque dans les souvenirs d’Hélène, on y entre comme dans un conte de fée, c’est doux, plein d’émotion et poétique. L’écriture est fluide, limpide, on se laisse bercer et quand l’émotion est trop forte, on lâche le livre quelques instants pour reprendre sa respiration, jamais longtemps parce que la lecture est addictive et on s’y sent tellement bien ! 

L’auteure jongle entre passé et présent, entre les souvenirs d’Hélène et Justine qui va enfin affronter la vérité sur le décès de ses parents, parce qu’elle est prête à tout entendre et qu’elle en a besoin, parce que ses grands-parents vont  rompre ce silence après tant d’années, parce qu’il arrive un moment où la vérité doit éclater, même si elle est douloureuse et que plus rien ne sera jamais comme avant. 

Quel magnifique livre, un énorme coup de coeur, je suis déjà nostalgique de cette lecture et de ses personnages tellement vivants. 

Hier une mouette était posée sur la gouttière de ma maison, -j’habite en bord de mer- d’habitude je les regarde avec plaisir, j’aime les voir tournoyer, j’aime les entendre ricaner  mais hier c’était à Hélène et Lucien que je pensais, j’avais comme un pincement au coeur, je crois que j’y penserai à chaque fois que je verrai une mouette. 

EDITIONS : ALBIN MICHEL / LE LIVRE DE POCHE – ISBN978 2 253 07116 7 – 410 pages – Première publication octobre 2017 

 

 





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