NE TIREZ PAS SUR L’OISEAU MOQUEUR

HARPER LEE 

bm_6699_aj_m_5072

 

Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un noir accusé d’avoir violé une blanche.

En situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout, avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique.

Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.

**********************************

Mais pourquoi je n’ai pas lu ce livre avant ? c’est une pure merveille qu’on a du mal à quitter une fois l’histoire  terminée.

Nous sommes dans les années 30, après le krach boursier de 1929, en pleine crise économique, dans ce que les américains appellent la grande dépression, au coeur de cette Amérique profonde où la ségrégation raciale  bat son plein, où la femme n’a pas de place prépondérante sinon à la cuisine, où noirs et blancs ne se mélangent pas.

Scout Finch, 6 ans, est la narratrice du roman, elle  vit dans une petite ville de l’Alabama avec son frère Jem qui est plus âgé et son père, Atticus, qui les élève seul,  avec l’aide de Calpurnia, domestique de couleur qui est considéré comme un membre à part entière de la famille.

Atticus est avocat, il aime ce métier qu’il pratique avec une intégrité exceptionnelle. Il s’exprime beaucoup avec ses enfants, leur explique la vie, leur parle de culture et du monde qui les entoure, et leur décrit ce monde qui ne se résume pas à l’Amérique. Il  les élève dans le respect des droits humains et n’hésite pas à leur demander leur avis, à les laisser libres de leurs opinions, tout en les aiguillant avec sagesse.

Scout sait déjà lire, elle a un regard sur la vie qui est extraordinaire pour une petite fille de son âge. Très intelligente, elle sait déjà ce qu’elle ne veut pas, les clichés de la femme américaine de 1930 ne lui conviennent pas. C’est une fillette pétillante, qui réfléchit beaucoup, qui regarde la vie des adultes avec ses yeux d’enfants et qui s’interroge.  Ses journées sont rythmées par l’école et les faits divers de la rue où elle habite.

C’est délicieux, Scout nous raconte les choses de la vie avec ses mots d’enfants, avec son regard innocent qui cependant porte des jugements et cherche à comprendre. Elle voit les injustices, elle demande souvent à son père de lui expliquer, elle se révolte parfois, elle est bien souvent en colère et puis elle est vive et drôle ce qui la rend encore plus attachante.

Il y a ce voisin, Boo Radley qui intrigue les enfants, personne ne l’a jamais vu et pourtant il est là, il vit à côté. Ils aimeraient le rencontrer, montent des plans pour le faire sortir de sa maison, mais rien n’y fait, il y a pourtant des signes qui ne trompent pas.  On a l’impression que ce Boo Radley est une sorte de mythe, tout le monde en parle mais personne ne le voit, ça pimente l’histoire et on se dit qu’un moment donné il entrera forcément en scène.

Il y a Dill qui vient tous les étés en vacances et qui est l’amoureux de Scout, avec lui ce sont des jeux et des bêtises, une complicité à toute épreuve. Calpurnia celle qui remplace un peu la maman décédée, en restant ferme, elle parvient à tenir les enfants et à les aimer comme si ils étaient les siens. Elle est un peu le lien entre les blancs et la communauté noire dont elle est issue. Pour les enfants et Atticus, elle est sur le même pied d’égalité, elle leur apporte énormément.

Il y a les voisins dont certains sont un peu particuliers.  C’est une enfance insouciante, mais peut-être pas tant que ça finalement. Scout et Jem vivent au rythme des saisons, des histoires de la rue, de la ville, du pays,  mais quand Tom Robinson qui appartient à la communauté noire, est accusé du viol d’une jeune fille blanche, ils reçoivent cette histoire de plein fouet.

Atticus est chargé de défendre Tom Robinson et ce procès va réveiller les passions et le fossé qui existe entre blancs et noirs. La ségrégation raciale est omniprésente. Tom Robinson est innocent mais quelle valeur peut avoir le témoignage d’un noir dans les années 30 aux USA. Atticus va tout faire pour disculper son client,  il va délivrer un magnifique plaidoyer, une belle leçon d’humanité et de justice et démonter un par un tous les alibis évoqués par  une jeune femme inculte et stupide,  à qui on a soufflé ce qu’il fallait dire. Elle n’a aucune preuve, sauf une parole qui ne vaut rien et les dires de son père qui est un fainéant notoire et qui vit d’allocations de l’Etat.  C’est désespérant de voir à quel point un  homme innocent est accusé sans preuve aucune,  par une majorité, simplement pour sa couleur de peau.

Atticus se fiche pas mal de ce que les gens pensent de lui, c’est un humaniste, un altruiste, il croit en l’homme et il ne fait pas de différence eu égard à une couleur de peau ou encore une religion. Il est en avance sur son temps, une sorte de force tranquille que rien ne peut ébranler.  

Scout et Jem vont découvrir l’injustice et la bêtise des gens de leur ville, les peurs et le manque d’ouverture d’esprit. Jem en sera très perturbé. Atticus a marqué des points lors du procès et a ébranlé le témoignage de la jeune femme et de son père, ne risque t’il pas d’en avoir les retombées ? des menaces ont été proférées, et si ses enfants étaient en danger ?

Quel beau livre, je me suis demandée si ce roman n’était pas un roman autobiographique, si Harper Lee ne nous décrivait pas tout simplement des faits de sa jeunesse. Des pistes de réponses sont apportées à la fin du livre.

J’ai beaucoup aimé ce roman que je vous recommande si vous ne l’avez pas encore lu.

EDITIONS : LE LIVRE DE POCHE – ISBN 9 782253 115847 – 434 pages 

2 réflexions sur “NE TIREZ PAS SUR L’OISEAU MOQUEUR

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s